l'histoire au fil du temps..

septembre 2009

Au retour de nos croisières estivales respectives, après quelques discussions animées sur nos bateaux, nous vient l'idée tout à coup de traverser l'Atlantique ensemble. La lecture de quelques articles de Voiles & Voiliers sur la Transquadra, d'un court article sur Air France magazine…. nous amène tout de suite à la perspective de cette course, la seule accessible à des amateurs comme nous.
Beaucoup d'excitations les jours suivants où chacun d'entre nous constate que l'autre est aussi motivé. Où de discrètes allusions, bien ciblées, en direction de nos femmes n'amènent pas d'obstacles significatifs…Où la lecture sur internet des récits des courses précédentes nous impressionnent, mais finalement pourquoi pas nous, et puis c'est dans 2 ans, on a le temps de se préparer… où quelques coups de téléphone vers des amis d'amis, qui ont fait la course nous permettent de démystifier cette course, mais où la lecture des CV nautiques de tous les participants à la dernière course nous refroidit : " impressionnant, merde, c'est pas pour nous !!... ".
Nos femmes, Françoise et Babette, nous encouragent : " si vous ne tentez pas vous le regretterez "

Octobre 2009

Allez, on tente l'inscription !
Le formulaire nous montre bien la difficulté, il faut surtout montrer nos capacités et avoir eu l'expérience d'une course d'au moins 250 Miles, ce qui n'est pas notre cas.
Jean François a des longueurs d'avance sur Benoit : service militaire dans la Marine, Quadrasolo, Course des îles, 25 miles en solitaire, propriétaire navigant d'un First 310, …
Benoit lui aussi propriétaire d'un First 31,7 navigant depuis 14 ans et tous deux quelques allers retours vers les îles Scilly de l'autre côté de la Manche. Nous promettons tous deux de faire une course de plus de 250 miles avant la Transquadra. Benoit ajoute qu'il est un sportif de bon niveau en montagne, persuadé que mer et montagne sont bien comparables dans les conditions difficiles.
Des photos, de nous et de l'un de nos bateaux sous voile, nos motivations par écrit (défi partagé, respiration dans une vie stressante de cadres dirigeants, rêve de traverser, amitié,…etc), et c'est envoyé !!. sans grande illusion.

Fin octobre 2009

Réception un E mail nous demandant quelques renseignements complémentaires, l'annonce de la date du départ à St Nazaire en Juillet 2011,… On regarde plusieurs fois pour comprendre : sur le site Transquadra, nos photos sont déjà en place avec un numéro de dossard : le 255,  mais oui, nous sommes inscrits, donc acceptés.

Novembre 2009

Branle bas de combat.
Sur quel bateau ?, quel budget ?, quelle préparation ?, et comment synchroniser nos engagements ? notre job ? et surtout nos femmes et enfants sont ils toujours d'accord ?
On enchaîne des dîners avec quelques expérimentés (il y en a beaucoup autour de nous), décision est vite prise de ne pas prendre l'un de nos deux bateaux, ils ne sont pas bien adaptés.
Donc on se met en quête..

Décembre 2009

Salon nautique Porte de Versailles: le nouveau First 35 de Bénéteau ?, le Sun Fast 3200, dessiné spécialement pour cette course ?, l'A31 d'Archambault, très adapté et Jean Baptiste L'Ollivier, ancien vainqueur en double de la Transquadra est un vendeur compétent et efficace ?. Quelle informatique, quelle sécurité ? quelles voiles ?,
Retours à la maison avec des idées insensées de  Budget !!

Février 2010

On peaufine en particulier une offre pour un A31 neuf : Titou est très fort, on est mûrs !!
Entre temps, un ami dentiste a eu vent d'un Pogo 8,50 ex Transquadra en vente à PLF,…
JF, la bouche ouverte, mais aussi l'oreille grande ouverte, sur le siège du dentiste, fait tilt.. !
N'est ce pas trop petit pour nos ambitions ? Benoit et ses 61 ans acceptera t il ce bateau de
régatier ?? 
Discussions…
Le budget est, pour l'achat du bateau, apparemment réduit de moitié… et puis c'est un bateau large, rapide, glissant dans les alizés. Un bateau sportif…mais plus facile à maîtriser que l'A31, alors ??
Non seulement on va se faire plaisir… mais pour moins cher !!
Bon d'accord la jauge n'est pas avantageuse, en IRC on ne pourra pas avoir un bon classement en temps compensé, mais finalement, qu'importe, on veut s'amuser, aller " de l'autre côté " !!
Allez, on prend contact.

Mars 2010

Tiens donc, le vendeur est le neveu de l'architecte naval des muscadets, cognacs, et armagnacs, c'est une référence !!
Sur internet, il paraît sympa.
On va voir le bateau à PLF, chez PL Yachting, sur ber. C'est l'hiver, on voit que ce bateau a vieilli, une quille rouillée, une coque livide, un pont verdi d'humidité, pas le pied qu'on croyait. !
On décide de se rencontrer, à PLF, il nous raconte sa transat, les plus de sa coque, il fait refaire la quille, repeindre la coque, il nous décrit son package : les 14 voiles, l'armement de sécurité, l'ordinateur et logiciels de bord, la pile à  combustible, etc,…
On fait descendre le prix, il accepte !! On prévoit donc une expertise .
On sympathise, c'est un bon marin et on lui demande de nous aider pour la mise à l'eau et la mise en main. On ne veut pas mettre à l'eau avant la fin de l'été, on ne peut raisonnablement tout gérer…
Entre temps, on se prépare et on décide de préparer notre course de 250 miles sur le First 31,7 de Benoit, avec son copropriétaire et un autre ami, tous deux bons marins. Préparation détaillée, plans de mise au point du bateau, d'inscription à la Barquera (Pornichet Gijon AR) qui aura lieu début Mai. 
Premier entraînement à Ste marine : vent Force 6/7  1 ris dans la voile, équipage pas prêt : les rôles ne sont répartis, à 4 par bon vent, on se gêne, et " on " décide de hisser le spi, après tout. On est tribord, on n'est pas d'accord sur la méthode (il y a plusieurs écoles qui se croisent..), mais celui qui crie le plus fort a raison…le spi peine à arriver en tête, qui fait quoi ?? 1 à la barre, 2 au piano et embraquage, et un à l'avant. Le bateau tout à coup se couche et part sous le vent, c'est l'abattée,… empannage violent soudain, la bôme passe babord amure… le spi couche le bateau, Benoit placé en plein milieu (au piano) reçoit l'écoute de GV sur la tempe gauche ce qui le fait basculer sur la droite, mais la jambe droite reste coincée contre la barre d'écoute : douleur violente au genou : tout tourne, il entend : " Benoit ça va ?? ", il est bien conscient que la tête ça va, mais le genou… ! Besoin de s'allonger au fond du cockpit pour reprendre ses esprits. Et surtout, Merde, la Transat est foutue, le genou, c'est long …
Rentrée dard dard au port. La tête revient, mais le moral est au plus bas. Direction les Urgences à l'hôpital : premier diagnostic : les ménisques, le ligament croisé abîmé, peut être rompu, à confirmer.
Belle leçon : on n'avait pas mis nos gilets, la bôme est passée à 3 cm au dessus de la tête, on n'était bas préparés et on a voulu aller trop vite sans se connaître.
Benoît est out pour plusieurs semaines combien ? plusieurs mois ?
un peu plus tard, on décide d'annuler la course Barquera. On verra pour les 250 miles à faire…

Avril 2010

On fait le pari de la guérison à temps, après tout, le départ est dans un an et demi…
Nouvelles discussions avec le vendeur du bateau, expertise satisfaisante  et, banco, on achète maintenant et on le met à l'eau à la fin de l'été….

" Ratafia " (c'est son nom de baptême) est à nous !
Nous décidons de faire un contrat entre nous, contresigné par nos femmes.
Un règlement (assez évident) de copropriété, la description de toutes les éventualités possibles avec leurs conséquences, des règles de discipline (par exemple, notre engagement de porter le gilet systématiquement hors du carré intérieur du bateau). Après avoir écrit et signé tout cela, on se sent mieux… et surtout, heureux que Françoise et Babette soient de la partie dans nos joies et difficultés.

Juin 2010

Après une opération des ménisques (par arthroscopie), le chirurgien est formel : c'est possible, mais refaites progressivement de la marche puis du kiné, puis de la musculation, et on verra après l'été. Mais attention, le ligament interne est à moitié rompu, alors prudence…
Benoît est plutôt rassuré : peu de bateau cet été, préparation surtout théorique et psychologique, mais finalement, c'est un été familial qui est bienvenu. JF est dans la même perspective. Au pire, Benoît fera la Transquadra avec une attelle, JF ira changer les voiles d'avant et hisser le Spi ??

Juillet 2010

Accompagnés de Françoise et Babette, nous allons baptiser notre bateau qui est au sec sur ber.
Quelques verres de champagne nous font alors rêver et même entreprendre de ne pas faire cette course seuls, mais en soutenant une cause ou bien un mouvement qui nous tiennent à cœur, avec des personnes qui pourraient participer d'une manière ou d'une autre. Après tout, cela donnera plus de sel, on peut aussi faire rêver, transmettre un enthousiasme, faire reconnaître des idées,…
Alors nous vient l'idée de l'Arche, Babette est bénévole dans la communauté du Caillou Blanc, et l'esprit qu'on y trouve nous a toujours étonné. C'est un mouvement au départ Français et Canadien (Jean Vanier en est l'initiateur), puis  international. La vie avec des personnes handicapées mental est le cœur de leur projet et cette vie est source de joies, de remises en cause personnelles, d'échanges, d'initiatives, et les assistants reçoivent autant qu'ils donnent, c'est un exemple de dynamisme de confiance qu'il serait intéressant de promouvoir… Un mouvement de spiritualité catholique et ouvert à tous.
Un message nous vient alors à l'esprit : ces valeurs que nous retrouvons à l'Arche, ce sont des valeurs auxquelles les entreprises devraient adhérer… et si on y retrouvait des principes de management ??
Nous écrivons alors quelques idées sur un power point pour aller voir le Caillou Blanc et en discuter avec eux.
Accueil de Nicolas, le Directeur,  très chaleureux.. principe retenu, il en parle avec quelques assistants, enthousiastes. plein d'idées germent… nous en ressortons ragaillardis, mais avec une grosse question : maintenant, on ne peut plus se défiler, on est responsable des implications de notre 
idée ! Ils comptent sur nous, il ne faut pas les décevoir, cela devient encore plus difficile.

Septembre 2010

Le rendez vous était pris depuis longtemps :
Une quille refaite, peinture de coque et carène apprêtée, c'est la mise à l'eau de Ratafia à Port la Forêt.
L'ancien propriétaire nous donne un coup de main pour gréer et vérifier l'accastillage.
14 voiles à stocker : JF a fait du vide dans son garage.
Françoise a revêtu les défenses de superbes chaussettes vertes " home made "
Première sortie en mer avec seulement Force 2/3… Bonnes réactions du bateau en petit temps : peu d'inertie, manoeuvres faciles.
Réglages du speedo, du pilote, de la girouette.

Octobre / Novembre / Décembre 2010

Quelques navigations bord à bord avec nos bateaux respectifs nous confortent dans la qualité de Ratafia par petit temps, d'une part et par vent portant d'autre part. Reste à parfaire nos réglages aux allures de près. De nombreuses sorties seront nécessaires pour optimiser.
JF enregistre, à chaque sortie, les réactions du bateau à toutes les allures, dans l'optique de vérifier les polaires du bateau. A priori, on est encore loin des Polaires annoncées par le constructeur. Beaucoup de travail à faire, donc.
Nous organisons nos entraînements pour faire en sorte de systématiser et automatiser nos modes de manœuvres pour que nous ayons un langage commun clair : réduire au maximum les improvisations, et en cas de fatigue, agir par automatisme.
Nous nous rendons compte que le bateau est sportif et assez exigeant en souplesse et en force physique : il faut que nous soyons en bonne forme physique.
JF s'inscrit dans une salle de Gym à Quimper pour profiter de l'hiver et avoir un programme de musculation, entraînement cardiaque et sportif. Benoit ne tarde pas à faire comme lui, le genou semble tenir et est de moins en moins douloureux.




C'en est fini pour l'histoire du projet! Il est temps de démarrer les préparatifs pour la course. Si vous avez encore un peu d'intérêt pour notre projet , rendez vous dans le blog/préparatifs ou cliquer sur le lien ci-dessous
préparatifs


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